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Le chanteur Mory Kanté et auteur de Yéké Yéké est décédé

Surnommé le “griot électrique”, le musicien guinéen a contribuer au rayonnement de la musique africaine dans le monde.

JULIEN HEKIMIAN VIA GETTY IMAGES | Mory Kanté avait été récompensé par les Grands prix de la Sacem, en 2017. 

Le chanteur et musicien guinéen Mory Kanté, connu pour le tube planétaire Yéké yéké dans les années 1980, est décédé ce vendredi 22 mai à l’âge de 70 ans dans un hôpital de Conakry, a annoncé son fils Balla Kanté à un correspondant de l’AFP.

Mory Kanté, surnommé le griot électrique, a contribué à populariser la musique africaine et guinéenne à travers le monde. Yéké Yéké, sorti en 1987, s’est vendu à des millions d’exemplaires et a atteint les sommets des hit-parades dans de nombreux pays.

Mory Kanté s’est éteint vers 9h45 ce matin à l’hôpital sino-guinéen, a dit son fils. Il souffrait de maladies chroniques et voyageait souvent en France pour des soins, mais avec le coronavirus ce n’était plus possible, a-t-il ajouté.

On a vu son état se dégrader rapidement, mais j’étais surpris quand même car il avait déjà traversé des moments bien pires, a-t-il dit.

Né dans une célèbre famille de griots, ces poètes, conteurs, musiciens dépositaires de la culture orale en Afrique, Mory Kanté fut l’un des premiers musiciens, avec le Malien Salif Keita, à diffuser la musique mandingue loin de ses frontières.

Mory Kanté, qui a passé une grande partie de sa jeunesse au Mali voisin de la Guinée, y intégra au début des années 70, le fameux Rail Band de Bamako dont Salif Keita était le chanteur.

Un héritage immense

Après avoir quitté le Rail Band, il révolutionna la musique ouest-africaine dans les années 1980 en électrifiant son instrument et en ouvrant les musiques traditionnelles mandingues villageoises aux beats électroniques et aux grooves plus urbains. Le concept de World Music était alors encore balbutiant.

Avec Yéké Yéké, ce maître de l’instrument traditionnel à cordes qu’est la kora, doté aussi d’une puissante voix de tête, a accédé à la gloire internationale et amené la musique mandingue sur les pistes de danse. L’album Akwaba Beach où figure cette chanson fut l’une des plus grosses ventes mondiales des musiques d’Afrique noire.

Dans les années 2000, après un certain désamour d’un public lassé, il s’était un temps orienté vers une musique plus acoustique, au sein d’un orchestre où prédominaient les cordes.

Ambassadeur de bonne volonté

Au début des années 2010, dans la Guinéenne, son premier disque depuis huit ans, enregistré au pays, il choisissait la formule du grand orchestre, celle de l’âge d’or de la musique ouest-africaine dans les années post-indépendances, avec une suite de mélodies mandingues entonnées sur des grooves occidentaux, aux accents funk, reggae, zouk.

Mory Kanté, qui fut ambassadeur de bonne volonté de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation (FAO) et chanta au profit de la lutte contre la fièvre Ebola qui frappa durement la Guinée entre 2013 et 2016, était une personnalité incontournable dans son pays.

La culture africaine est en deuil, a tweeté le président Alpha Condé, Merci l’artiste. Un parcours exceptionnel. Exemplaire. Une fierté.

Lire la suite de l’article sur huffingtonpost.fr

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