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Burkina Faso: après l’élection, des chantiers et des attentes

A peine deux jours après son élection dès le premier tour à la tête du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré prend les rênes d’un pays où de nombreux chantiers se présentent à lui. Le point sur ce qu’attendent les Burkinabè de leur nouveau président.

la population burkinabè est dans l'attente du changement
Après l’élection de Roch Marc Christian Kaboré à la présidence du Burkina Faso, la population burkinabè est dans l’attente du changement. Ici, le soir des résultats de l’élection au fief du MPP.
© REUTERS/Joe Penney

Le premier chantier du nouveau président burkinabè sera de doter le pays d’une nouvelle Constitution. Le passage à une cinquième République demeure le principal objectif du premier trimestre pour la nouvelle équipe. L’idée est d’éviter que le président du Faso ne règne sur toutes les institutions de la République.

L’autre chantier auquel devra se consacrer Roch Marc Christian Kaboré est la relance économique du pays. Avec son équipe, il devra travailler à assainir le climat des affaires et redonner confiance aux investisseurs quelque peu échaudés après les soubresauts de l’insurrection et de la tentative de coup d’Etat.

Vient ensuite la réconciliation nationale, qui devra forcément passer par l’apurement du passif judiciaire. De nombreux dossiers attendent encore dans les tiroirs, malgré les réformes initiées par le gouvernement de la transition. Il y a les dossiers Norbert Zongo, Thomas Sankara, ceux de l’insurrection populaire et du coup d’Etat de septembre dernier.

Bien entendu, les questions cruciales de la santé et de l’éducation sont des chantiers qui troubleront le sommeil du nouveau président. Que ce soit au niveau de l’enseignement général ou de la formation professionnelle, l’offre de formation doit être conforme à la demande du marché du travail.

Les attentes de la société civile

Sur le front social, Roch Marc Christian Kaboré n’aura pas de round d’observation. Le porte-parole de l’Unité d’action syndicale du Burkina, Bassolma Bazié a déjà prévenu :
« il n y aura pas de temps de répit pour le nouveau gouvernement. Tout le monde connait déjà les problèmes des travailleurs ».

La société civile burkinabè a joué un rôle majeur, non seulement dans la chute du président Blaise Compaoré en octobre 2014, mais aussi dans l’échec du coup d’Etat de septembre dernier. Guy-Hervé Kam est le porte-parole du Balai Citoyen, l’une des plus importantes organisations de la société civile. Les attentes de son association sont nombreuses.

« Le premier chantier pour nous ce sera la justice, dit-il au micro de RFI. La justice pour les martyrs de l’insurrection et du coup d’Etat, mais aussi dans le cadre des crimes économiques et des crimes de sang qui ont émaillé le gouvernement de M. Compaoré. Ce que nous souhaitons, c’est que dès son entrée en fonction, le président Kaboré mette en oeuvre les recommandations de la commission justice, vérité et réconciliation. »

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